Découvrez le parcours de Célia TROSSAT, diplômée de l’ÉSEC et récemment invitée lors d'une émission consacrée aux nouveaux réalisateurs, aux côtés de Christian Carion et Vincent Mael Cardonnat.
Dans cette interview, découvrez le parcours de Célia TROSSAT, jeune réalisatrice diplômée de l’ÉSEC, où elle revient sur son expérience dans le cinéma et l’audiovisuel, ses doutes, ses tournages et les défis du métier de réalisateur aujourd’hui.
Elle aborde également sa participation récente à une émission consacrée aux nouveaux réalisateurs, aux côtés de Christian Carion et Vincent Mael Cardonnat.
Une immersion dans le parcours d’un jeune talent, entre formation, réalisation et premiers pas dans l’industrie audiovisuelle.
INTERVIEW DE CÉLIA TROSSAT - Diplômée ÉSEC
Célia TROSSAT sur le tournage de "À ton insu" - © Photographes : Elyna Marliot, Adrian Aurejac, Camille Azocar
Pourrais-tu tout d’abord nous raconter ton parcours à l'ÉSEC ainsi que ta carrière par la suite dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel ?
Je suis arrivée à l’ÉSEC en 2023. À l’époque, je sors d’une année de licence d’information et de communication à la fac et le cinéma s’est présenté à moi complètement, de manière inattendue. Donc j’arrive à l’école avec relativement peu de connaissances sur le sujet. Mais ce qui est super, c’est que durant la première année, beaucoup plus théorique que les deux autres, on découvre vraiment tout ce qui se fait dans le cinéma et on brise les tabous liés à ce milieu qu’on connaît trop peu. Ça permet de remettre tout le monde au même niveau et de vraiment comprendre ce que tu aimes et ce que tu ne veux surtout pas faire dans l’audiovisuel.
Pour moi, la filière de la mise en scène et de la régie s’est vite présentée comme une évidence et j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour la deuxième année. Et personnellement, je pense que ça a été mon année préférée. Beaucoup de tournages, quasiment pas de cours théoriques et que de la pratique : en deuxième année, on est sur le plateau. Et je pense que c’est également l’année où j’ai le plus appris et où tu te fais connaître pour ton travail aussi (c’est important dans le milieu) et grâce à ça, j’ai pu faire des projets externes à l’école où on m’a fait confiance.
La troisième année, c’est la plus difficile mais aussi la plus enrichissante. On fait trois gros tournages à l’école qui se rapprochent de ce qu’on fait dans le milieu professionnel et c’est une sacrée marche à franchir en termes de compétences mais mentalement aussi, je trouve que c’est la plus difficile. Moi, cette année-là, je choisis de réaliser le court métrage "À ton insu" en bi-caméra et il faut dire que je ne connais même pas le terme « bi-caméra » quand on me parle du projet, mais l’occasion est trop belle pour la laisser passer.
C’était un tournage difficile et j’en suis ressortie complètement changée. Et puis la difficulté suivante, c’est de trouver des stages ; personnellement, j’ai eu de la chance et grâce à mes trois années de travail acharné à l’école, j’ai décroché un stage en mise en scène sur la série
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Tu as récemment participé à une émission sur les "nouveaux réalisateurs" aux côtés de figures comme Christian Carion et Vincent Mael Cardonnat. Qu’est-ce que cela représente pour toi de faire partie de cette nouvelle génération de réalisateurs, et quel impact cela a-t-il eu sur ta vision du métier ?
Bien sûr, c’est gratifiant ! Il faut dire que le tournage de mon court métrage a été très difficile et ne s’est pas particulièrement bien passé. J’ai mis du temps à me remettre de ce projet, je me suis beaucoup remise en question et notamment sur ma capacité et ma légitimité à réaliser. J’ai eu une réelle perte de confiance en moi. Alors forcément, quand on m’appelle pour faire partie de ce podcast, ça fait du bien au moral et tu dis : « on trouve du positif même dans le négatif » et c’est un peu ma manière de voir le monde. Au fond de toi, tu dis que si on t’a rappelée après ça, c’est que ça n’était pas si mal.
Être réalisateur aujourd’hui, c’est compliqué, il y a de la pression, de la concurrence et tu te mets une pression énorme sur la technique, l’innovation mais ce qui est réellement important, ce n’est pas comment tu réalises un film, c’est pourquoi tu le fais. Il ne faut pas réaliser pour réaliser mais plutôt te poser la question : pourquoi je veux réaliser ? Qu’est-ce que je veux raconter dans mes films ? Qu’est-ce que je veux défendre ? Il y a beaucoup de gens qui réalisent mais tout le monde ne le fait pas pour les bonnes raisons.
L’émission mettait en avant les réalisateurs issus d’écoles comme l'ÉSEC. Que penses-tu de la place des formations spécialisées dans le parcours des jeunes réalisateurs aujourd’hui ?
Bien sûr, faire une école de cinéma, c’est un plus surtout en termes de capacités techniques. L’école te permet de vraiment comprendre comment le tournage d’un film fonctionne et tu connais mieux le métier de chacun sur un plateau et c’est un réel avantage. Ça t’apporte aussi des contacts.
Après, je ne dirais pas qu'il faut forcément faire une école de cinéma et d’audiovisuel pour être un bon réalisateur. Un réalisateur qui sort d’une école n’est pas forcément meilleur que quelqu’un qui n’en a jamais fait. Beaucoup ne sortent pas d’une école et sont tout aussi bons. Mais on revient à la notion de légitimité, ce n’est pas comment mais pourquoi tu veux réaliser un film.
Comment as-tu vécu cette expérience en tant que jeune professionnelle entourée de professionnels expérimentés comme Vincent Mael Cardonnat et Christian Carion ? As-tu reçu des conseils ou vécu des échanges qui t’ont particulièrement marquée ?
C’était une chance énorme et c’était très intimidant aussi. Ce qui m’a vraiment marquée, c’est cette question de la légitimité à laquelle Christian Carion m’a répondu. Je lui ai posé une question parlant de mes doutes sur ma légitimité à réaliser un film et comment tu t’affirmes devant tes acteurs, tes producteurs ou même ceux qui doutent de ton projet quand tu es jeune réalisateur, surtout lorsqu’ils ont plus d’expérience que toi.
C’est là que Christian C. m’a expliqué : "Tu es légitime de créer ton projet quand c’est quelque chose qui sort de tes tripes, que tu es passionnée et aussi touchée personnellement par ton projet." Il m’a notamment raconté une anecdote sur son premier film avec un de ses acteurs et comment il avait réussi à lui dire : « Non là, je veux que tu joues comme ça parce que je sais de quoi je parle, je l’ai vu, je l’ai vécu ».
Comment l’école permet-elle d’entrer dans l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel ? Y a-t-il des compétences ou des projets spécifiques qui t’ont particulièrement marquée ?
L’avantage de l’ÉSEC Lyon, c’est la pratique. Il n’y a pas à dire, être sur un plateau et apprendre en pratiquant, ça aide. La théorie, ça aide mais ça a aussi ses limites. Parce qu’en pratiquant, tu apprends en faisant des erreurs et en les corrigeant. Je dirais que tous les tournages et tous les projets m’ont apporté quelque chose, chacun quelque chose de différent mais tout aussi important.
Forcément, je dirais que celui qui m’a le plus marquée, c’est mon court métrage "À ton insu" ; d’une part parce qu’il avait une place particulière dans mon cœur, mais aussi parce que ça a été compliqué, donc forcément ça te marque, négativement en premier puis tu en tires le positif et c’est là que tu apprends le plus, quand tu tires l'enseignement de tes erreurs.
Tu as réalisé "À ton insu", un film pendant ta formation à l'ÉSEC. Peux-tu nous en dire plus sur ce projet et sur la manière de mettre en pratique les enseignements et compétences acquis durant la formation ?
« À ton insu » est un court métrage que j’ai réalisé dans le cadre de l’exercice en bi-caméra (tourner avec deux caméras en même temps) et c’est un terme que je ne connaissais pas du tout avant de me lancer sur le projet. C’est un thriller dramatique de 15 minutes qui parle de voyeurisme et qui pose la question de la rédemption au spectateur. C’est une idée originale de ma scénariste Marie Buhler qu’on a ensuite co-écrit ensemble. L’exercice difficile ici était de s’approprier une idée qui n’est pas la sienne à la base.
Sur ce tournage, après une super préparation et une équipe soudée et motivée, on a enchaîné les malchances ; la perte du décor principal non pas une fois mais deux fois, deux jours avant le tournage. On a dû tout revoir, l’organisation artistique et logistique du tournage, à une vitesse folle, ce qui fait que nous ne sommes pas arrivés préparés sur le tournage comme le nécessitait le projet. Parce que oui, ce projet, il était ambitieux dans la technique et c’est là qu’a été mon erreur. On avait trop peu de temps et de moyens pour réaliser ce qu’on avait en tête et on n'a pas su s’y adapter. C’était un tournage compliqué, avec de la frustration et du stress mais le résultat est quand même là. Et nous sommes fières car il aurait pu ne pas aboutir du tout.
Alors oui, ce résultat est loin d’être parfait mais je pense que je n’ai jamais autant appris que sur ce tournage. Alors forcément, au début, c’est dur de se remettre en question, de comprendre pourquoi ça n’a pas marché et puis on se ravise, on apprend de nos erreurs, on tire le positif du négatif et on en ressort grandi. Et je pense que ce projet aura toujours une place très particulière dans mon cœur parce qu’il me permettra de me rappeler d’où je viens et de la manière dont j’en suis arrivée là.
Découvrir le court métrage "À ton insu", de Célia TROSSAT
Depuis la fin de ta formation à l'ÉSEC, comment continues-tu à te perfectionner dans ton métier ?
Personnellement, je suis de ceux qui pensent qu’on n'a jamais fini d’apprendre. Et dans le cinéma, tous les projets sont différents et t’apportent quelque chose en plus.
C’est avec l’expérience que tu te perfectionnes et c’est donc en faisant plusieurs tournages, plusieurs stages, en apprenant auprès de ceux qui sont plus expérimentés. Et c’est en faisant des erreurs que tu apprends et deviens meilleur.
Pour finir, quel conseil donnerais-tu à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel aujourd’hui ?
Je dirais de toujours tirer le positif des expériences négatives. C’est plus facile à dire qu’à faire bien sûr, mais pour ma part, c’est vraiment comme ça que j’ai pu évoluer dans ce métier.
Et surtout ne pas avoir peur de se lancer ! Ne pas écouter les avis des gens qui t’entourent parce qu’il y en aura toujours pour te juger toi ou tes projets. Le plus important, c’est de garder en tête pourquoi ton projet te tient à cœur et d’y croire. Et si tu échoues, ce n’est pas grave, tu feras mieux la prochaine fois.
Merci à Célia TROSSAT pour son partage d’expérience et ses conseils suite à sa formation à l’ÉSEC et sa carrière dans le cinéma.
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